Une invitation amoureuse - en marge du Journal de Samuel Campiche
Dernière mise à jour : 31 août
Journal de Samuel Campiche, extraits
1ère partie : avant-guerre
Cette invitation à venir la retrouver, en pleine nuit, dans son collège international pour jeunes filles à Lausanne est assez amusante, romanesque et aventureuse pour être citée.
D'autant plus qu'elle demande à son jeune amant de la détruire, ce qu'il s'est gardé de faire ; comme souvenir d'amour, mais sans doute aussi par précaution ; s'il avait été pris, prouver qu'il y avait été invité...
À voir la lucidité et la maîtrise de Jo dans cette lettre, on peut imaginer qu'elle savait aussi s'y prendre pour ne pas tomber enceinte, sort funeste des jeunes filles naïves ou peu au fait, à cette époque de peu de moyens contraceptifs.
traduction en français :
timbre postal de l'enveloppe : Lausanne, 17 juin 1935
Lundi soir -
Cher Sammy -
Ne t'inquiète pas, je viens juste de me souvenir de quelques détails - tout d'abord, dès que tu entreras dans la pièce, referme derrière toi les portes vitrées que tu devras pousser pour entrer. Je les laisserai légèrement entrouvertes pour que tu sois sûr de trouver les bonnes. Ferme-les et tourne la poignée pour les verrouiller. Sinon, elles s'ouvriront toutes seules. Pour les ouvrir, il suffit d'un demi-tour de poignet, mais n'oublie pas cette précaution au cas où tu devrais sortir précipitamment. Il y a deux séries de portes vitrées, mais ne ferme que celles que tu dois pousser pour les ouvrir. Je ferai en sorte qu'elles grincent le moins possible ; la porte doit être fermée, sinon Amy t'entendra.
Maintenant, à propos du balcon - je l’ai inspecté de fond en comble. Tu trouveras ci-joint un croquis sommaire du côté donnant sur la maison inoccupée. Je ne sais pas si cela t’aidera, mais examine bien le balcon avant de grimper. Surtout, évite de parler. Veille à ne pas casser trop de branches de la plante grimpante - celles de la glycine font un bruit épouvantable.
Voilà, c’est tout ce qui me vient à l’esprit - n’oublie pas la table au milieu de la pièce.
Je t’en prie, brûle cette lettre dès que tu l’auras lue – car, si elle tombait entre les mains de quelqu’un d’autre, ce serait fatal.
Je n’arrive pas à obtenir d’informations sur l’agent de Securitas.
Je dois arrêter. Porte-toi bien.
Amour,
Jo
P.S. Dis à George qu’il doit venir – Bunny a besoin qu’on la calme, et vite !
[Page 8 – Annotations du croquis]
• porte
• fenêtre près du lit de Cleofe.
• coin suggéré
• 4 pieds
• balustrade
transcription en anglais du manuscrit original de Jo :
Postal stamp : Lausanne, June 17, 1935
Monday evening -
Dear Sammy -
Don't get excited - I've just remembered a few details - first of all - immediately upon entering the room, close behind you the glass doors which you will have to push open to get in. I will leave them slightly closed so as to make sure you get the right ones. Close them and turn the handle so as to lock them. They will swing open otherwise. To open them takes only a half turn of one's wrist - but don't forget in case of a hasty exit. There are two sets of glass doors but close only the ones you have to push open. I shall make them as un squeakable as possible - the door must be closed otherwise Amy will hear you.
Now about the balcony - I've given it a thorough once over -enclosed is a rough sketch of the side facing the vacant house I don't know if it will help - take a good look at the balcony before climbing. Above all, refrain from talking. Take care not to break too many branches on the vines - wisteria branches make an awful lot of noise.
Well, that's all I can think of - don't forget the table in the middle of the room -
Please burn this letter as soon as you have read it - for it to fall in anyone else's hands would be fatal.
I can get no information on Securitas man.
I must close - be good.
Love
Jo
P.S. Tell George he has got to come - Bunny needs calming down and soon !
[Page 8 - Sketch Annotations]
• door
• window by bed of Cleofe.
• Suggested corner
• 4 feet
• balustrade
lettre manuscrite originale de Jo (8 pages) :








journal de Samuel Campiche, avril 1935 :
"Sorti de chez elle à l'aube. La ville était encore endormie, inerte, mais les premières lueurs lui redonnaient imperceptiblement son rythme."




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