Hiroshima, bombe atomique 1945 - Journal de Samuel Campiche à Washington
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- 3 juil.
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Dernière mise à jour : 17 juil.
journal de Samuel Campiche, extraits

2e partie : la guerre en paix
1945 Etats-Unis
6 janvier 1945
Attaques de la presse contre la Suisse pour son aide économique à l’Allemagne. Face à un auditoire sceptique, dans une petite ville du Maryland, j’essaie d’expliquer notre statut de neutralité.
Chief Justice Stone à déjeuner chez Asa Philips : « De Gaulle, the only light ».
Mrs. Stone, voyant qu’elle n’a pas la place qui lui est due : « I am misplaced », Asa doit à la hâte réarranger le placement de sa table.
Washington, 7 avril 1945
Trop d'amis, je ne sais plus où donner de la tête pour voir tout le monde.
Washington 15 avril 1945
Assisté, du gazon de la Maison Blanche, au cortège funèbre du Président Roosevelt. Attitude sobre et parfaitement naturelle de la foule.
Très triste de quitter les Etats-Unis dont je réalise de plus en plus les qualités.
Col. Notz et Real me promettent vacances d'un à deux mois pour visiter Mexico et Californie, avant mon retour en Suisse.
8 mai 1945
Victoire. Aucun signe extérieur. Washington comme tous les jours.
Washington, 12 juillet 1945
Au revoir plaisir, fantaisie, aventure, bonjour administration, dîner officiels, etc.
31 juillet
Le vent aquatique et lumineux des jardins sous la brume.
Washington, 1er août 1945 (fête nationale suisse)
Reçus avec Graessli par le Président Truman dans l’Oval Room. Style détendu, regard affable, un peu humide derrière des verres très grossissants.
6 août 1945
Première utilisation de la bombe atomique : surprise totale !
8 août 1945
Déclaration de guerre de la Russie au Japon.
Washington, (entre le 6 août et le 14 août)
Attente réponse japonaise à Légation.
Aucun désir de rentrer en Suisse.
Washington, 15 août 1945
« VJ DAY» La paix, annoncée à sept heures du soir. La Légation apprend la nouvelle à cinq heures vingt-cinq par le télégramme de Tokyo via Berne que nous déchiffrons, opération qui prend plusieurs heures. Je sors ensuite.
Se promener dans une ville qui ne sait pas encore que la guerre est finie. Je vais au Chevy Chase : soudain, les sirènes et klaxons, le regard étonné des gens.
Plus tard, et toute la nuit, des scènes folles dans les rues ; cavalcade de marins à cheval galope le long de Pennsylvania Avenue, baisers collectifs dans les fontaines…
Selon un des conseillers du National Council on Scientific Research, avant le premier essai de bombe atomique, il n’était pas exclu aux yeux des savants qu’il n’entraînât la désintégration de la Terre en un processus de chaîne.
Washington, 19 octobre 1945
Diner avec Pierre Cot et Guérin de Beaumont à la cafétéria du «Shoreham ». Cot, brillant dialecticien. Par habitude, par goûts bourgeois, même par idéal, il n'était pas attiré par le communisme. Mais sur la base de la déduction logique, inéluctable, que toute société moderne, par la nécessité de production de masse, par le nivellement qui en est la conséquence, par la démagogie et ses techniques etc. est condamnée au communisme.
Washington, 14 décembre 1945
Pierre {1} parti. Triste de son départ. Frère épatant, sincère, intelligent, dégagé. Parti par ATC pour Genève aujourd'hui. Presque pas reconnu au bateau !
{1} Pierre Campiche, l'un de ses deux frères aînés
26 décembre 1945
Noël à Winterthur [1], chez Ruth du Pont.
Dans une tempête de neige la nuit, nous perdons notre route en allant chez les Griswolds. Une seule lumière au fond d’un parc.
Nous nous y dirigeons. Façade nue d’une grande maison déserte, un hall d’où fuient quelques fantômes à la suite de notre coup de sonnette. C’était un asile d’aliénés.
[1] Winterthur USA, Delaware, à l’ouest de Philadelphie

Ultérieurement : après-guerre, 1946
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